Délais de rendez-vous en ophtalmologie : les chiffres et les leviers

En bref

Les délais de rendez-vous en ophtalmologie restent parmi les plus longs de la médecine de ville : le délai médian est de 52 jours et le délai moyen de 80 jours, selon l’enquête de la DREES publiée en 2018. Votre cabinet ne peut pas ajouter des heures de consultation à volonté, mais il agit sur quatre leviers : orienter chaque demande vers le bon professionnel, trier les appels selon leur motif, remplir les créneaux libérés et rester joignable. Ce guide présente les chiffres, puis ces leviers, puis ce que l’assistant prend en charge au téléphone.

Ce que l’enquête de la DREES a mesuré

La référence nationale reste l’enquête de la DREES sur les délais d’attente, menée entre juin 2016 et mai 2017 auprès de 40 000 personnes (DREES, 2018). Elle mesure, pour chaque demande, le temps écoulé entre la prise de contact et la date du rendez-vous. Les consultations en ville comptent, comme les consultations externes à l’hôpital.

En ophtalmologie, l’analyse porte sur 2 089 demandes de rendez-vous (DREES, 2018). Le délai médian d’obtention d’un rendez-vous chez l’ophtalmologiste y est de 52 jours, et le délai moyen de 80 jours (DREES, 2018). La moyenne dépasse la médiane parce que quelques attentes très longues tirent le chiffre vers le haut.

La dispersion compte autant que la médiane : 25 % des demandes aboutissent dans les 20 jours, 25 % attendent plus de 110 jours et 10 % plus de 189 jours (DREES, 2018). Pour votre accueil, la même question, « quand puis-je venir », reçoit donc des réponses très éloignées. Deux éléments pèsent sur ces écarts : le motif de l’appel et le lieu de résidence du patient.

Des écarts selon le motif et le territoire

Le motif pèse d’abord. En ophtalmologie, le contrôle périodique est le motif de demande le plus courant, selon la DREES. Quand la demande suit l’apparition ou l’aggravation de symptômes, le délai médian y dépasse encore 20 jours (DREES, 2018). Un patient gêné depuis la veille et un patient qui veut changer de lunettes n’attendent donc pas la même réponse de votre accueil.

Le territoire pèse ensuite. Le délai médian est de 40 jours dans les communes où l’accessibilité aux professionnels est la plus forte, et de 79 jours là où elle est la plus faible (DREES, 2018). Il est de 29 jours dans l’unité urbaine de Paris et de 97 jours dans les communes des petits et moyens pôles (DREES, 2018).

Un cabinet de Moselle, de Meurthe-et-Moselle ou de la Meuse reçoit ainsi des appels de patients qui habitent loin et qui ont parfois déjà essayé ailleurs. La page sur les ophtalmologues de Metz décrit cette situation pour une ville précise. Les délais nationaux donnent l’ordre de grandeur ; vos propres plannings disent où se trouve votre cabinet.

Le ressenti suit les chiffres. Les patients jugent le délai « trop long » pour 39 % des demandes en ophtalmologie (DREES, 2018). Ce mécontentement arrive d’abord au téléphone, chez la personne qui décroche, avant même qu’elle cherche un créneau.

Quand la demande n’aboutit pas

En ophtalmologie, 17 % des demandes de rendez-vous n’ont pas abouti, contre 5 % chez le médecin généraliste (DREES, 2018). Le patient n’a alors aucune date, ni chez vous ni ailleurs. Ce qu’il fait ensuite détermine si sa demande revient vers un cabinet ou disparaît.

Après un échec, le patient contacte un autre professionnel dans 56 % des cas et renonce dans 32 % des cas (DREES, 2018). Le report vers les urgences hospitalières ne concerne que 3 % des demandes restées sans rendez-vous (DREES, 2018). Pour votre cabinet, un appel sans réponse n’est pas un simple appel différé : le patient cherche ailleurs, ou laisse tomber.

Le calculateur d’appels manqués traduit ces appels perdus en rendez-vous, avec les volumes que vous saisissez. Il sert à décider si le téléphone mérite un chantier avant les autres leviers ci-dessous.

Premier levier : orienter vers le bon professionnel

Certains appels viennent de patients qui veulent seulement renouveler leurs lunettes. Pour eux, l’ophtalmologiste n’est pas toujours le seul passage possible. Une ordonnance de lunettes est valable 5 ans entre 16 et 42 ans, 3 ans à partir de 43 ans et 1 an avant 16 ans (Service-Public, 2026).

Tant que l’ordonnance reste valable, l’opticien peut renouveler les lunettes en les adaptant à la vue, après un contrôle (Service-Public, 2026). Entre 16 et 42 ans, sans contre-indication, l’orthoptiste peut aussi réaliser un bilan visuel et prescrire une première paire (Service-Public, 2026). Pour un patient qui porte déjà des lunettes, son dernier bilan chez l’ophtalmologiste doit dater de moins de 5 ans, et l’ordonnance orthoptique vaut 2 ans (Service-Public, 2026).

Votre accueil peut expliquer ces circuits au patient dont l’ordonnance est encore valable, avec la formulation que le médecin a validée. Chaque renouvellement réorienté libère un créneau pour un patient qui a besoin de l’ophtalmologiste lui-même. Le guide sur le téléphone de l’opticien et les examens de vue décrit ces mêmes demandes vues depuis le magasin.

Deuxième levier : trier les appels par motif

Un contrôle périodique se planifie, un suivi de glaucome ou de DMLA suit le rythme fixé par le médecin, une baisse brutale de vision suit vos consignes d’urgence. Si toutes ces demandes entrent dans la même file, les créneaux courts partent aux premiers qui appellent. Ils ne vont pas forcément aux patients qui en ont le plus besoin.

Écrivez la grille une fois, avec le médecin : quels motifs disposent de créneaux réservés, lesquels passent par un rappel de l’équipe, lesquels déclenchent vos consignes d’urgence. La personne au comptoir, le remplaçant d’été et l’assistant appliquent alors la même règle. Une grille écrite évite aussi que chaque patient négocie sa place au téléphone.

L’assistant ne donne aucun conseil médical et applique vos règles d’urgence. Il ne juge pas la gravité d’un symptôme à la place du médecin : il suit la grille que vous lui avez confiée et note le motif tel que le patient le décrit. Le guide sur l’accueil téléphonique en ophtalmologie détaille la rédaction de ces consignes.

Troisième levier : remplir les créneaux libérés

Avec des délais pareils, un créneau qui se libère la veille ne devrait pas rester vide. Un patient qui se désiste prévient par téléphone, parfois tôt le matin ou pendant la pause de midi. Si personne ne décroche, le créneau est perdu pour tout le monde.

Tenez une liste de patients prêts à venir plus tôt, avec leur motif et leurs disponibilités. Quand un créneau se libère, votre équipe appelle le premier patient de la liste dont le motif correspond. Le guide sur les rendez-vous non honorés et leur confirmation montre comment faire apparaître ces désistements plus tôt.

Quand un patient appelle pour se désister ou changer de date, l’assistant note sa demande pour votre équipe ; il ne déplace ni n’annule jamais un rendez-vous lui-même : votre équipe confirme. Le créneau reste ainsi sous votre contrôle. Vous le proposez ensuite au patient suivant de la liste, sans risque de doublon dans l’agenda.

Quatrième levier : rester joignable

Parmi les demandes qui n’ont pas abouti, toutes spécialités confondues, le professionnel était injoignable ou absent au moment de l’appel dans 22 % des cas (DREES, 2018). Il ne proposait aucun créneau possible pour le patient dans 15 % des cas et ne prenait plus de nouveaux patients dans 14 % des cas (DREES, 2018). Le premier motif d’échec tient donc à la ligne elle-même.

En ophtalmologie, l’accueil est occupé par les patients présents : dilatation, mesures avant la consultation, encaissement, ordonnance à imprimer. Pendant ce temps, le téléphone sonne, et la personne au comptoir choisit entre le patient devant elle et celui qui appelle. Les deux ont raison d’attendre une réponse.

L’outil de couverture horaire montre les heures où votre ligne n’est pas tenue, d’après vos horaires d’ouverture. C’est sur ces plages que se perdent les désistements de dernière minute et les demandes de premier rendez-vous.

Ce que l’assistant prend en charge au téléphone

ClinicAll répond à chaque appel entrant pendant que la ligne est ouverte, au nom de l’accueil de votre cabinet. Il note le nom, la date de naissance, le motif et les disponibilités du patient. Si un appelant demande à qui il parle, l’assistant se présente comme la réceptionniste virtuelle du cabinet.

Sur Mikrono, le rendez-vous est dans votre agenda à la fin de l’appel, sans ressaisie par votre équipe. Sur un autre logiciel, la demande de rendez-vous arrive à votre équipe, qui rappelle le patient pour la confirmer. La page sur l’intégration Mikrono précise ce que le connecteur couvre.

Pour un appelant qui veut parler à quelqu’un, l’assistant propose le transfert vers l’accueil quand il est ouvert et qu’une ligne de transfert est configurée. Sinon, il prend une demande de rappel avec le motif. Le guide transfert d’appel ou rappel aide à choisir entre les deux selon vos horaires.

La page consacrée à l’ophtalmologie montre des exemples d’appels pris par l’assistant. Le prix est fixé par écrit après un appel de 30 minutes, comme l’indique la page des tarifs. Les autres sujets d’accueil téléphonique sont réunis dans les guides ClinicAll.

Sources

  1. DREES — Études et résultats n° 1085, enquête sur les délais d’attente en matière d’accès aux soins (octobre 2018)

  2. Service-Public.gouv.fr — Lunettes et lentilles : ordonnance

  3. Service-Public.gouv.fr — Lunettes et lentilles

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